Production en juvéniles des cours d’eau

2014  :   moyen
Tendance :   inconnue
Mise à jour le 23 septembre 2015

On estime (Briand et al., 2015) qu’environ 100 000 smolts sont produits chaque année sur le bassin de la Loire, soit 16% de la production estimée si l’ensemble des zones productives étaient accessibles (622 000 smolts).

Pour le bassin de l’Allier, la production actuelle (5 dernières années) estimée en smolts ne représente que 67% de la capacité d’accueil moyenne estimée en smolts par Minster et Bomassi (1999).

Description de l’indicateur

Cet indicateur se base sur l’étude de l’estimation des mortalités lors de la dévalaison des smolts et anguilles argentées dans les turbines (Briand et al., 2015). Dans cette étude, la production de smolts est estimée à partir des résultats des pêches électrique réalisées selon la méthode d’indice d’abondance tacon en 5 minutes et de la répartition des frayères dans le bassin Loire-Bretagne.

Les stations de pêche électrique sont choisies de façon à être le plus représentatif possible des surfaces de croissance des juvéniles de l’année le long des rivières (l’accès à la rivière reste néanmoins dans certains secteurs comme les gorges de l’Allier un biais important dans cet échantillonnage). Les pêches électriques « indice d’abondance » permettent de vérifier à la fois le succès de la reproduction (par exemple dans la zone refuge en amont de Langeac sur l’Allier) mais également la bonne implantation des juvéniles déversés au printemps. La distinction sauvage / élevage n’est pas possible visuellement. Seules des études génétiques sur les individus pourraient permettre de les discriminer. La production de smolts correspond ainsi aux juvéniles natifs (nés de reproduction naturelle), aux œufs et alevins déversés présents lors des pêches d’automne (septembre), ainsi qu’aux smolts déversés.

Mode de calcul

Les résultats ont été moyennés par rivière en procédant à un bootstrap (le calcul en bootstrap est une méthode statistique consistant à effectuer un tirage aléatoire avec remise parmi les données disponibles pour donner une estimation de la précision d’un estimateur statistique comme par exemple la moyenne).

Interprétation et référence

Les résultats obtenus (pour le bassin Allier uniquement) sont comparés à la moyenne des estimations de production des cours d’eau proposées par Minster et Bomassi (1999).

Résultats

La production moyenne de saumon dans le bassin de la Loire (cercle du milieu dans la figure ci-dessous) est comprise entre 102 836 et 156 703 smolts avec une moyenne de 128 438 smolts. Le bassin versant de l’Allier représente à lui seul 51% de la production moyenne de bassin de la Loire, suivi par l’Alagnon (18%), la Sioule (15%) et la Gartempe (7%).

Les productions modélisées actuelles (cercle intérieur dans la figure ci-dessous) sont très proches (99 093 smolts), et correspondent à une estimation de la production de smolts par double modélisation : à la fois modélisation de la répartition des habitats favorables (frayères) et de la productivité de ces habitats.

En revanche, la production modélisée sans barrage (scénario de libre circulation à la montaison = cercle extérieur dans la figure ci-dessous) met en avant les nombreux cours d’eau ou zones rendus inaccessibles pour le saumon suite notamment à l’aménagement des cours d’eau (construction des grands barrages). Dans ce scénario, Briand et al. (2015) estiment une production en smolts de 622 548, soit plus de 6 fois plus que la production estimée actuellement par modélisation (cercle intérieur dans la figure ci-dessous).

Source : Briand et al. 2015

Contribution des différents cours d’eau pour les scénarios de production moyenne (intérieur), production modélisée actuelle (intermédiaire) et production modélisée sans barrage (extérieur). Source : Briand et al. 2015

 

Concernant le bassin de l’Allier, le nombre de smolts estimés (par bootstrap) dans Briand et al. (2015) est de 115 380. Comparée à la capacité de production moyenne estimée par Minster et Bomassi (1999) pour ce bassin (171 320), cette production ne représente qu’un peu plus de 67%.

Source des données

Rapports d'études
4 janvier 2015
70,9 MB

Mortalité cumulée des saumons et des anguilles dans les turbines du bassin Loire-Bretagne

Cédric Briand , Marion Legrand , Pierre-Marie Chapon, Laurent Beaulaton, Gaëlle Germis, Marie-Andrée Arago, Timothée Besse, Laura De Canet, Pierre Steinbach

L’effet des barrages sur la mortalité en dévalaison est simulé à l’aide de modèles de répartition et de mortalité dans les ouvrages hydroélectriques à l’échelle de Loire-Bretagne (155 000 Km2).

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Documents joints