Restauration de la continuité écologique

Les obstacles à l’écoulement des cours d’eau, comme les seuils et barrages, bloquent ou retardent les poissons migrateurs lors de leurs migrations en montaison et en dévalaison.

Les actions favorisant la libre circulation des poissons migrateurs sont intégrées aux objectifs de restauration de la continuité écologique des cours d’eau. Elles comprennent par exemple l’effacement, l’arasement d’obstacles ou leur équipement par des dispositifs de franchissement (passes à poissons) mais aussi leur gestion adaptée, par exemple : l’ouverture ponctuelle ou continue des ouvrages estuariens pour le passage des anguilles ou les arrêts de turbines hydroélectriques pendant leur migration de dévalaison.

Avancement sur le Bassin Loire

La restauration de la continuité écologique sur les cours d’eau prioritaires est suivie par les DREAL et l’ONEMA dans le cadre du Plan National d’Actions pour la Restauration de la Continuité Ecologique.

Gestion des ouvrages estuariens (soumis à la marée)

Au niveau de la zone soumise à marée, des ouvrages permettent de gérer l’alimentation de marais salés ou les submersions régulières dans les territoires amont gérés en eau douce. De par leur mode d’utilisation, ils peuvent entraver la libre circulation des jeunes anguilles vers les zones humides côtières qui représentent des territoires d’accueil privilégiés pour l’espèce. Face à la diversité des ouvrages, il est utile de disposer d’une palette de solutions de gestion.

Le réseau « Portes ouvertes aux anguilles »

A travers le réseau d’acteurs, les gestionnaires d’ouvrages partagent leurs expériences pour la prise en compte de la migration des jeunes anguilles dans la gestion de leurs ouvrages.

Le réseau « Portes ouvertes aux anguilles » fait l’objet d’une demi-journée de restitution organisée à Nantes par LOGRAMI et la Région Pays de la Loire.
Consultez le programme et les présentations du 14 septembre 2015

La boîte à outils du gestionnaire d’ouvrages estuariens

Documentation

Guides techniques
15 août 2013
1,6 MB

Restauration de la continuité écologique sur les ouvrages soumis à marée

Marine ROUL, Barbara GERARD et Timothée BESSE

Information à collecter pour la prise en compte des poissons
migrateurs dans la gestion des ouvrages estuariens. Tableau de bord Anguille LOGRAMI, Fédération de pêche et de protection du milieu aquatique de Loire-Atlantique

Calendrier des périodes favorables aux manoeuvres d’ouvrages

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Comment utiliser ce calendrier ?

La restauration des annexes fluviales

Boire de Loire

Boire de Loire

Les boires sont des anciens bras de la Loire qui ne sont reconnectées au lit du fleuve que quelques mois dans l’année.

Les bras secondaires et les boires sont les annexes fluviales de la Loire. Ces zones humides représentent des habitats uniques pour la faune piscicole, et notamment pour l’anguille européenne qui les colonisent en remontant l’axe du fleuve.

L’incision du lit de la Loire (dû aux différents aménagements pour la navigation et aux extractions de matériaux) et l’abaissement de sa ligne d’eau en étiage a atteint jusqu’à 3,5m à Nantes par rapport au début du 20ème siècle. Le lit principal a été déconnecté des bras secondaires et des boires qui ont perdu une partie de leur rôle écologique de zones humides adjacentes.

L’érosion du lit de la Loire devrait se poursuivre si aucune action n’est mise en oeuvre pour réduire la pente du fleuve.

Le contrat pour la Loire et ses annexes (2015-2020)

Le Contrat pour la Loire et ses annexes poursuit la stratégie élaborée par le GIP Loire Estuaire pour la reconquête du lit de la Loire entre Nantes et les Ponts-de-Cé en programmant des actions de restauration entre 2015 et 2020 dans le cadre du plan Loire grandeur nature IV (2015-2020) et du programme opérationnel interrégional FEDER (2014-2020). Le coût total du contrat s’élève à 7,34 millions d’euros pour la période 2015-2017, il est financé par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne et la Région Pays de la Loire.

Les travaux de restauration des boires

Panneau de sensibilisation sur la restauration des annexes fluviales

Panneau de sensibilisation sur la restauration des annexes fluviales

Les travaux pour la restauration des boires de Loire sont mis en oeuvre par les collectivités et la fédération de pêche du Maine-et-Loire.  Ils comprennent l’effacement ou l’abaissement de gués rehaussés, des actions de terrassement à la connexion pour favoriser la mise en eau des annexes et zones humides, la lutte contre la jussie et autres plantes invasives, la restauration et l’entretien de la végétation arborée (ex : suppression de peupliers). Ceux-ci s’articulent toujours autour de diverses activités et pratiques locales intégrées au projet dès le départ.

Jussie dans une boire peu connectée

Jussie dans une boire peu connectée

Le suivi des anguilles sur les annexes fluviales

Suivi des anguilles dans une boire de la Loire en 2010

Suivi des anguilles dans une boire de la Loire en 2010

Depuis 2005 la population d’anguilles des annexes fluviales de la Loire sont suivies de Nantes à Montsoreau par l’Université de Rennes 1 et depuis 2010par Logrami dans le cadre du Réseau Anguille Loire. Ce suivi est une source d’informations importante pour l’évaluation des travaux de restauration des annexes fluviales et de l’amélioration de la continuité écologique latérale du fleuve.

Les résultats de ces suivis sont consultables sur la fiche de l’indicateur de colonisation de l’anguille :

En savoir plus

Les arrêts de turbines hydroélectriques

Depuis octobre 2008, 19 centrales appliquent chaque automne plusieurs arrêts synchronisés de leurs turbines. Il s’agit d’une mesure d’urgence, dans l’attente de solutions techniques pérennes de limitation de la mortalité des anguilles, comme l’installation de grilles fines sur les prises d’eau ou le remplacement par des turbines « ichtyocompatibles ».

La Mayenne, course d’obstacles pour les anguilles

La Mayenne est une rivière classée dont l’axe migratoire est fortement impacté par les ouvrages et les microcentrales hydroélectriques. Elle est incluse dans la Zone d’Actions Prioritaires (ZAP) du Plan de Gestion Anguille français et sa position en aval du bassin de la Loire constitue un cas particulier vis-à-vis de l’importance de son équipement en centrales hydroélectriques. Ainsi, ce cours d’eau ne compte pas moins de 42 obstacles dont 22 à vocation hydroélectrique.

Une étude de l’ONEMA (Steinbach 2010) a permis d’estimer un taux de survie moyen de 70% des anguilles au passage de chaque ouvrage en dévalaison (des blocages et retards de migration existent également pour leur montaison). De l’amont du bassin versant, le taux de survie cumulé des anguilles franchissant l’ensemble des 22 ouvrages hydroélectriques (par les turbines ou par le déversoir) est alors inférieur à 0,01%.

Les acteurs se mobilisent pour limiter l’impact des turbines

  • En 2006, le COGEPOMI Loire demande que des solutions soient proposées pour réduire la mortalité liée au franchissement des micro-centrales.
  • En 2007, un groupe de travail réunissant les services de l’état, les exploitants des centrales et les partenaires techniques est constitué pour valider le protocole de détection des pics de crues favorables à la migration de l’anguille à partir de différents scénarii étudiés par le Tableau de bord Anguille.

Rôle du Tableau de bord Anguille dans l’accompagnement du programme d’arrêt des turbines en Mayenne Rôle du Tableau de bord Anguille dans l’accompagnement du programme d’arrêt des turbines en Mayenne

Comment sont arrêtées les turbines ?

protocole_mayenne

L’augmentation du débit de la rivière lors des crues d’automne est le principal signal pour les anguilles argentées prêtes à migrer, mais de nombreux autres facteurs influent sur leur migration, comme la température de l’eau, la luminosité, la turbidité de l’eau et bien sûr la présence des barrages et retenues d’eau.

Lorsque le débit de la Mayenne à la station de St Fraimbault-de-Prières augmente de 10m3/s en 24h, la DDT de la Mayenne avertit les exploitants de l’arrivée d’un pic de crue et les turbines sont arrêtées la nuit suivante. Elles peuvent être réarmées lorsque le débit de la Mayenne dépasse 70m3/s car le débit turbiné est alors estimé inférieur à 10% du débit total et la majorité des anguilles franchit l’ouvrage par surverse au-dessus de la chaussée. Ce protocole est appliqué sur arrêté préfectoral, sans dédommagement des exploitants des centrales hydroélectriques.

Le protocole négocié avec les exploitants prévoit ainsi jusqu’à 5 arrêts de 4 jours, soit 20 jours d’arrêts possibles sur 4 mois d’octobre à janvier.