Front de colonisation de l’anguille

2013  :   moyen
Tendance :   augmentation
Mise à jour le 25 septembre 2015

Les anguillettes ont progressé plus loin que les années précédentes à la même période : Le front de colonisation (voir encadré) a ainsi été mesuré à 90 km de la sortie de l’estuaire soumis à la marée, au niveau de la ville de Saumur, soit à 30 km en amont du front de colonisation de 2010 et 2005, ce qui témoigne du bon recrutement observé en 2013.

Description de l’indicateur

Le front de colonisation de l’anguille est mesuré par la D50, soit la distance à la limite de marée dynamique (LMD) pour laquelle il existe une probabilité de 50% d’observer des anguilles de moins de 30 cm (i.e. une chance sur deux). C’est un indice de colonisation et d’accessibilité.

Mode de calcul

La probabilité de présence des anguilles est modélisée par une régression logistique (modèle de régression binomiale).

[latex]P(Y=1) = \beta_{0} + \beta_{1} x_{1} + \cdots + \beta_{n} x_{n}[/latex]

avec

[latex]P(Y=1)[/latex] la probabilité qu’une anguille de moins de 300 mm soit capturée sur une station donnée

[latex] x_{1} \cdots x_{n}[/latex] sont les variables indépendantes testées, soit la distance à la limite de marée dynamique, l’année d’échantillonnage et l’axe de migration.

Interprétation

Le front de colonisation est comparé aux années précédentes sur le même axe et en pourcentage du linéaire accessible pour l’anguille.

Les fronts de colonisation sur les affluents de la Loire et les côtiers vendéens sont comparés à la Loire, libre d’obstacle afin de mesurer l’impact des obstacles à la migration sur la colonisation d’un bassin versant.

Résultats

Ces résultats peuvent s’expliquer par la conjonction d’une atteinte précoce des quotas de pêche des civelles, entraînant une fermeture de la pêche laissant libre la colonisation du bassin par les individus arrivés après cette fermeture, et des débits élevés en 2013, notamment avec une crue très importante au mois de février, et une série de crues de printemps, qui ont d’une part attiré les jeunes anguilles dans l’estuaire, puis ont favorisé leur colonisation vers l’amont dans le bassin versant.

Front de colonisation sur les côtiers vendéens et les affluents de la Loire

Front de colonisation

  • La D50 de la Loire est à 240 km de la limite transversale de la mer (LTM, à l’embouchure) alors qu’elle ne dépasse pas 200 km sur les axes plus aménagés comme la Mayenne, le Loir ou la Sarthe (Figure 7).
  • L’affluent où le front de colonisation est le plus avancé est le Thouet (211 km) mais il s’interrompt assez tôt après la confluence avec la Loire (192km de la mer).
  • Le résultat sur la Creuse (273 km) est biaisé par la présence de civelles alevinées en 2013 à l’aval de Descartes et ne reflète pas l’accessibilité réelle du bassin.
  • L’Erdre et la Sèvre Nantaise sont relativement bien colonisés depuis leur confluence par rapport à la longueur du linéaire colonisable, comparativement à d’autres bassins aval (Acheneau-Tenu).
  • Le front de colonisation n’atteint cependant la limite de ZAP anguille que pour les côtiers vendéens (Lay, Vie, Falleron) où elle est la plus réduite.

Consultation des données du Réseau Anguille Loire

Fiches stations

Consultez les résultats sur la carte interactive des sites d’échantillonnage

 

Carte interactive des résultats par bassin versant

Source de la donnée

LOGRAMI, ECOLAB-CNRS, Fédérations de pêche du bassin Loire

Au cours de l’été 2013, les équipes de LOGRAMI, les fédérations départementales pour la pêche et la protection des milieux aquatiques du Bassin Loire l’ECOLAB de Toulouse ont joint leurs efforts pour mettre en oeuvre une campagne de suivi de la population d’anguilles à l’échelle du Bassin Loire. L’objectif était de produire un état des lieux de la population d’anguilles et de suivre sa colonisation du bassin le long de la Loire, de ses principaux affluents et de plusieurs fleuves côtiers.

Au total, 279 sites ont ainsi été prospectés par pêche électrique sur une vingtaine de départements. Sur l’ensemble de ces sites, 36 000 poissons ont été identifiés dont 2717 anguilles qui ont été mesurées et décrites selon un protocole commun.

Documents joints